Les valeurs de la République et/ou celles du savoir ?
Réaction d’un enseignant à l’ Article L. 111-1 du Code de l’Education (article 2 de la loi du 23 avril 2005 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école : « La nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République… »
Joli pavé jeté dans la mare des quelques naïfs, dont je suis, qui croyaient encore que leur mission première était de passer des savoirs. Cette tâche devient donc, si l’on sait encore lire, une mission seconde. Autant que cela se sache ! Il est vrai que les valeurs de la République, qui pourraient se résumer en quelques termes : respect de l’autre, de sa différence, solidarité, transparence, vérité, ne courent plus guère les rues ni les petits écrans. Le monde politique et les médias porteurs de parole des temps modernes ne nous donnent guère d’exemples de ces fameuses valeurs de la République ! On invite donc l’école à transmettre ce que ni le monde politique ni le monde économique ne respectent ! Faites ce que je dis, etc, etc. Cela dit, que faisons-nous à l’école depuis des décennies, sinon d’essayer de passer ces valeurs malgré la terrible exemplarité que nous donnent nos prescripteurs du moment !
Arrive donc, cette année, la note de vie scolaire. Votre enfant sera évalué tous les trimestres, de la 6e à la 3e, sur son assiduité, son respect du règlement intérieur, son implication dans la vie de l’établissement et sa réussite dans l’obtention de l’attestation de sécurité routière et de formation aux premiers secours. Cette note sera prise en compte dans la moyenne générale. Certains parents et enseignants pourraient trouver cette initiative positive. Après tout, il faut bien que ceux qui s’agitent et insultent paient un jour, se diront-ils un peu vite. Qu’apportera cette note aux élèves instables ? Pensez-vous qu’elle les fera tenir en place ? Nous avons déjà les commentaires sur les bulletins trimestriels, les heures de retenue, les punitions, les renvois de cours, les évictions pour courte durée, les avertissements inscrits sur le bulletin trimestriel et, en dernier recours, le conseil de discipline. Une note trimestrielle de vie scolaire ne va certainement pas effrayer ceux que leurs moyennes catastrophiques ne semblent guère émouvoir !(…)
Daniel FAVRE, Saint-Leu (Réunion)
Article L. 111-1 du Code de l’Education
L’éducation est la première priorité nationale. Le service public de l’éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l’égalité des chances.
Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République.
L’école garantit à tous les élèves l’apprentissage et la maîtrise de la langue française.
Dans l’exercice de leurs fonctions, les personnels mettent en œuvre ces valeurs.
Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté.
Pour garantir ce droit dans le respect de l’égalité des chances, des aides sont attribuées aux élèves et aux étudiants selon leurs ressources et leurs mérites. La répartition des moyens du service public de l’éducation tient compte des différences de situation, notamment en matière économique et sociale.
Elle a pour but de renforcer l’encadrement des élèves dans les écoles et établissements d’enseignement situés dans des zones d’environnement social défavorisé et des zones d’habitat dispersé, et de permettre de façon générale aux élèves en difficulté, quelle qu’en soit l’origine, en particulier de santé, de bénéficier d’actions de soutien individualisé.
L’acquisition d’une culture générale et d’une qualification reconnue est assurée à tous les jeunes, quelle que soit leur origine sociale, culturelle ou géographique.