Education : 7 organisations demandent à être “écoutées” par le futur ministre - VousNousIls.fr - 4 avril 2007
Sept organisations représentatives du monde éducatif ont lancé mercredi un “appel grave et solennel” pour que le prochain ministre de l’Education rompe avec l’”arrogance” de ses prédécesseurs et les “écoute” dans le cadre d’”une conférence nationale” sur l’Education.
“Nous demandons solennellement que ces méthodes s’arrêtent, que le prochain ministre prenne en compte le fait que les parents, les professeurs et les élèves ont une expertise collective du système éducatif incontournable”, a déclaré devant la presse Faride Hamana, président des parents d’élèves FCPE.
L’appel, premier du genre, a été lancé par la FCPE avec les fédérations enseignantes Unsa-Education et Sgen-CFDT, les associations d’éducation populaire de la Ligue de l’Enseignement, les lycéens de l’UNL et de la Fidl et les étudiants de l’Unef.
“Nous quittons cinq ans de tensions, nous souhaiterions cinq ans d’attention”, a commenté M. Hamana.
Fustigeant le “climat de défiance” instauré selon lui par les trois ministres qui se sont succédé rue de Grenelle depuis 2002 - Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien -, le secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement, Eric Favey, a déploré “trois constantes : une gestion d’épicier, une pensée éducative réactionnaire et le mépris pour les acteurs de l’Ecole”.
“Si on nous donne l’impulsion et les moyens, on peut restaurer la confiance”, a commenté Thierry Cadart, du Sgen-CFDT.
“Notre souci est d’instaurer un dialogue efficace, c’est important que nous l’exprimions ensemble”, a ajouté Luc Bentz, secrétaire national de l’Unsa-Education, réitérant l’option commune de “prendre le temps” pour débattre sur le système éducatif, de rechercher le “consensus” et de “s’appuyer sur les textes existants comme le rapport Thélot”.
Issu du débat national sur l’Ecole organisé après le long mouvement de grève de 2003, ce rapport a été selon eux “enterré par François Fillon” dans sa loi d’orientation en 2005.
“A force de jouer avec le feu, de commander des rapports qu’on enterre, de mépriser les actions collectives, on installe un sentiment d’impuissance, or, dans l’Education nationale, ça irrigue toutes les strates, y compris la jeunesse”, a analysé M. Favey.
“Les entrées ne doivent pas être que budgétaires mais, si les schémas budgétaires sont imposés à l’avance, on n’en sortira pas”, a détaillé Thierry Cadart, du Sgen-CFDT, repris par M. Hamana : “on ne parle pas d’une conférence sur les salaires des enseignants, on parle d’une conférence sur l’Education pour construire un système qui réponde aux besoins”.