FCPE Finistère

Le Télégramme - 11 février 2007

Pouldreuzic. Le choix des écoles

Depuis quelques semaines, Ambroise Guellec, député européen et maire de Pouldreuzic (29), prend personnellement les inscriptions des enfants à l’école publique de sa commune. Hier, 150 personnes ont répondu à la réunion du collectif des amicales laïques du Pays bigouden et de Plomelin, qui conteste cette méthode de l’élu. La FCPE va saisir le préfet et un recours au tribunal est envisagé.
« Attitude antirépublicaine », « Ambroise Guellec est hors-la-loi », « On ne peut pas laisser faire n’importe quoi ! »… Hier, la salle Pierre-Jakez Hélias de Pouldreuzic a résonné de la colère des amicales laïques bigoudènes, mais aussi des représentants départementaux des parents d’élèves (FCPE), de la fédération des Å“uvres laïques et des délégués départementaux de l’Education nationale.
« Attitude inacceptable »
Motif : le mode d’inscription des enfants à l’école publique. Dans un courrier du 29 janvier dernier (*), adressé à Thierry Chancerel, président départemental de la FCPE, Ambroise Guellec expliquait sa position : « J’ai effectivement décidé de procéder moi-même à l’inscription des élèves à l’école publique de Pouldreuzic, pour les demandes postérieures au démarrage de la présente année scolaire. Il m’a semblé utile d’inviter les parents à un entretien permettant une meilleure information sur leur situation et leur motivation ». Pour les amicales laïques et les intervenants d’hier, « cette attitude est inacceptable ». Selon eux, « elle tend à favoriser l’inscription à l’école privée de la commune » qui dispose de places, alors que les cinq classes de l’école publique arrivent à saturation.

« Mais le maire ne veut pas entendre parler d’une sixième classe ! ».
Moins de deux ans : refus d’inscription
Un clivage public-privé qu’Ambroise Guellec se défend d’entretenir : « Le principe, toujours appliqué, a été celui de l’équité de traitement. Ainsi, j’ai très clairement indiqué que, si des enfants étaient accueillis à l’école privée à un âge inférieur à celui requis pour l’école publique, ils ne seraient pas pris en compte pour le calcul du forfait résultant du contrat d’association », se défend-il. Reste que la pilule passe mal pour les défenseurs des écoles publiques. D’autant que l’élu l’accompagne d’un refus « d’inscrire les enfants de deux ans », notamment pour des questions de propreté. « C’est une question qui est résolue depuis trente ans dans les écoles, et M. Guellec continue d’avancer cet argument ! », ont déploré les intervenants qui font, au contraire, de la scolarisation des enfants dès deux ans un gage de sociabilisation accru.
Préfet et tribunal en voie d’être saisis
Présente hier, la FCPE a annoncé qu’elle allait saisir le préfet du cas de Pouldreuzic et a indiqué que « l’avocat de la FCPE était prêt à relayer toute action en référé devant le tribunal administratif de Rennes, pour contester la méthode du maire ».

* Courrier adressé au Télégramme par Ambroise Guellec.

Pascal Bodéré
Le Télégramme

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