Ouest-France - 25 novembre
Pour les CM2 de St-Pol, le lundi c’est chômé
Depuis le 16 octobre, les élèves de CM2 de Marie-Curie n’ont pas de remplaçant. Et rien ne se profile à l’horizon. La colère monte.
On connaissait la semaine de quatre jours dans les établissements scolaires, mais depuis le 16 octobre, les élèves de CM2 expérimentent bien malgré eux celle de trois jours. En effet, le directeur assure les cours les mardis, jeudis et vendredis, et, les lundis, il bénéficie d’une décharge pour son travail de direction. Mais l’institutrice présente ce jour-là est en congé maternité. Et aucune solution n’a été trouvée pour palier cette absence
« On nous avait promis un remplaçant pour lundi prochain » note Jean-Christophe Arros, le directeur. Mais l’Éducation nationale souffle le chaud et le froid puisque finalement, « rien ne se profile à l’horizon ».
Du coup, la colère gronde chez les parents qui, depuis un mois, jonglent chaque début de semaine pour trouver des solutions de garde. « Certains qui travaillent continuent à amener leur enfant que l’on répartit tant bien que mal dans différentes classes. Ils ne disaient rien tablant sur l’arrivée du remplaçant. » À l’inspection de circonscription à Landivisiau, on se dit « aussi embêté que les collègues. Nous n’avons plus de remplaçants. Il faut donc se tourner vers l’inspection académique pour trouver une solution ». Où là aussi, ça coince.
Alors ? Thierry Chancerel, président de la FCPE Finistère, lui, sera dès lundi à Saint-Pol pour rencontrer les parents. Et les aider dans la mobilisation qui devrait se mettre en place. La menace de saisir le tribunal administratif est même brandie. « Il y a un manque de continuité du service public. À ce titre, nous avons déjà gagné des procès en France et si cela continue, une procédure pourrait être ouverte. »
En maternelle aussi…
Une situation d’autant plus mal perçue par la FCPE que « l’inspecteur avait déjà sous-évalué l’an dernier le problème du remplacement. Et, cette année encore, le secteur de Landivisiau, dont dépend Saint-Pol, est particulièrement touché ». Ainsi, dans la même école Pierre et Marie Curie, mais en maternelle cette fois, une enseignante en congé maternité, depuis lundi, n’a pas de remplaçant.
Dès lors, les vingt-trois premières et deuxièmes années sont réparties en petite section avec des effectifs qui atteignent donc les trente élèves. « Ce qui a des conséquences sur l’enseignement pédagogique » concède la directrice Christine Jézéquel qui jongle avec 105 enfants pour trois classes. « Ce qui nous inquiète c’est qu’il s’agit d’un arrêt qui sera long. Comment va-t-on-faire · On ne nous dit rien, il n’y a aucune perspective. C’est le flou. »
La solution de faire appel à des jeunes qui, après concours, sont sur la liste d’attente de l’IUFM, est évoquée. « On s’étonne que l’on n’explore pas cette piste. » Il semble que cette éventualité n’est applicable « que pour des remplacements à l’année » selon l’inspection de circonscription. En attendant, à Saint-Pol, on a la désagréable impression que l’histoire se répète avec, déjà en avril dernier, une occupation de l’établissement pour des faits similaires. Aussi, Christine Jézéquel va transmettre, dès lundi, un courrier au maire, à l’inspection d’académie et à la FCPE. Et une réunion est aussi prévue à 17 h avec les parents.
Patrick CROGUENNEC.
Ouest-France