Rapport de l’ONU sur la violence à l’égard des enfants - août 2006
(Extraits du site de l’ONU)

Pourquoi cette étude ?
Tous les jours, dans tous les pays, filles et garçons souffrent et sont témoins d’actes de violence. La violence contre les enfants est un phénomène que l’on observe dans toutes les cultures, indépendamment du milieu social, du revenu, de l’origine ethnique ou du cadre. Certaines formes de violence sont tolérées par les législations nationales et peuvent et trouver leurs origines dans des pratiques culturelles, économiques et sociales, ce qui a des conséquences dévastatrices sur la santé et le bien-être des enfants. Il est clair que les enfants ne peuvent plus attendre les mesures de prévention et de protection auxquelles ils ont indiscutablement droit. L’Assemblée générale des Nations Unies a demandé au Secrétaire général de mener une enquête approfondie sur la violence à l’encontre des enfants et de faire des recommandations sur la façon d’y répondre. En février 2003, un expert indépendant, M. Paulo Sérgio Pinheiro, a été nommé pour diriger l’étude, en collaboration avec le Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé.
Conclusions du rapport
L’étude conclut que la violence contre les enfants est omniprésente, dans tous les pays, toutes les sociétés et tous les groupes sociaux. L’extrême violence contre les enfants fait parfois la une des journaux, mais les jeunes rappellent qu’ils sont aussi blessés par la répétition fréquente, quotidienne de petits actes de violence. S’il arrive que la violence soit soudaine et inattendue, la plupart des auteurs des gestes violents contre les enfants sont des gens qu’ils connaissent et auxquels ils devraient pouvoir faire confiance : parents, petit(e) ami(e), époux(se) ou partenaire, camarades de classe, enseignants et employeurs. La violence contre les enfants inclue la violence physique ou psychologique comme les insultes et humiliations, la discrimination, l’abandon ou la maltraitance. Même si les conséquences varient en fonction de la nature et de la sévérité de l’agression, les répercussions à court et à long terme, pour les enfants comme pour la société, sont souvent graves et dramatiques.
L’école et les établissements scolaires
Les écoles ont un rôle important à jouer pour protéger les enfants de la violence. Mais le cadre scolaire expose beaucoup de jeunes à la violence, et parfois, leur apprend à être eux-mêmes violents. Les enfants risquent de subir des châtiments corporels, des formes humiliantes ou cruelles de châtiments psychologiques, des violences sexuelles ou motivées par le sexe, et des mauvais traitements. Bien que 102 pays aient interdit les châtiments corporels à l’école, souvent, cette interdiction n’est pas appliquée à la lettre. Les bagarres et l’intimidation sont aussi des exemples de la violence qui s’exerce contre les enfants à l’école. Souvent, les enfants rudoyés sont ceux qui viennent de familles pauvres, qui appartiennent à des groupes marginalisés, ou dont l’apparence physique est différente de celles des autres, s’ils souffrent d’un handicap par exemple. Les écoles sont aussi affectées par ce qui se passe dans la communauté au sens large – notamment par la culture des gangs ou par la délinquance liée à la drogue.